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N° 00040288

25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 11:52


Installés confortablement sur des transats en teck recouverts d’un épais matelas en mousse, Lynn et Victor sirotaient un verre de jus de fruit tout en admirant le ciel continuer à s’éclaircir, la luminosité des deux soleils étrangement ne les éblouissait pas.
Un profond silence régnait autour d’eux seulement troublé de temps à autres par le bruit qu’ils faisaient en aspirant sur leur paille.
Ce silence n’était pas pesant pourtant, il était même agréable à leurs oreilles, si tant est qu’une absence de bruit puisse satisfaire un tympan.
L’air déplacé par la brise légère leur effleurait doucement la peau, Lynn trouvait cette sensation presque érotique, elle lui rappelait la fois, à l’adolescence, où un de ses petits amis avait glissé sa main sous son tee-shirt pour lui caresser le dos puis le ventre.
Ce côté maladroit, où il tâtonnait de place en place plutôt qu’il ne frôlait la peau avec douceur, l’avait faite sourire, elle en avait même éprouvé une certaine tendresse envers ce jeune adolescent qu’elle sentait aussi tendu qu’elle.
Ce souvenir la fit frissonner intérieurement et elle se pencha pour prendre la main de Victor dans la sienne et la porter à ses lèvres.
Elle ne savait pas pourquoi elle avait fait cela, juste que cela lui avait paru la seule chose à faire, une sorte de « bouffée » de tendresse, vous savez celle qui vous réchauffe le cœur et le ventre, mais qui ne se transforme pas obligatoirement en désir sexuel.
Victor se tourna alors vers elle et dit :
 
« Cool, c’est exactement de ça dont j’avais envie. J’étais même en train de penser que je me sentais si bien que la seule chose que j’aurais pu vouloir en plus aurait été la sensation de tes lèvres au creux de ma main. Merci à toi. »
 
Lynn s’apprêtait à lui répondre quand soudain Kirk commença à gronder puis à aboyer bruyamment avant de hurler si lugubrement qu’elle en eut des frissons et pas intérieurs ceux-là.
 
Victor et elles se relevèrent précipitamment et regardèrent l’endroit où se trouvaient les chiens.
Il n’y avait pas que Kirk à être sorti de son immobilisme, l’un après l’autre tous les animaux reprenaient vie : les chiens se mettant à hurler et les cygnes fonçant vers le bateau en trompetant plus violemment que les cors à Jéricho.
Les premiers arrivés se précipitèrent sur la passerelle qui menait au pont et se dirigèrent vers les deux transats : ils ne paraissaient pas avancer avec l’intention de se reposer.
 
Les deux amis arrachèrent les matelas fixés à leurs sièges et s’en servant comme des boucliers, ils reculèrent le plus rapidement possible vers l’échelle-escalier qui menait à l’intérieur du voilier.
Les cygnes véloces et nombreux progressaient vers eux dans une cacophonie qui leur vrillaient les tympans, impossible d’imaginer que trente secondes auparavant Lynn et Victor savouraient le silence.
Il allait atteindre la première « marche » menant au salut lorsqu’un cygne s’envola jusqu’à lui et l’attaqua à peine posé sur le sol.
Se défendant comme il pouvait, essayant de le repousser à coup de pieds – mais en tong c’est nettement moins efficace qu’en Doc Martens – Victor reculait toujours sans lâcher la main de Lynn, mais il était de moins en moins certain qu’ils allaient réussir à rejoindre leur objectif et se mettre à l’abri des « oiseaux en furie ».
Il ne put s’empêcher de penser au film d’Hitchcock, ce qui eut pour effet immédiat d’accélérer sa fuite pendant qu'il décochait deux fois plus de coups de tong au cygne.
Malheureusement il se prit le pied dans un des rollers qu’il avait une fois encore oubliés de ranger après s’en être servis et il s’effondra en arrière entraînant Lynn dans sa chute.
Les cygnes trompetèrent plus fort encore comme si ils criaient « victoire » avant de se précipiter vers les deux amis qui essayaient tant bien que mal de se protéger en se mettant à l’abri sous leurs matelas. Ils se serrèrent l’un contre l’autre avec l’idée que leur dernière était venue : ils allaient mourir dans une autre réalité !
 
Le hurlement soudain plus proche de Kirk suivi de celui des autres chiens leur fit fermer les yeux et se coller l’un à l’autre plus encore comme si chacun espérait se fondre dans l’autre, cette fois ci il n’y avait plus de doute c’en était fini pour eux.
 
Ils sentaient les pincements de plus en plus fort au fur et à mesure où les cygnes arrachaient la mousse des matelas, ils essayèrent de se relever mais leurs agresseurs étaient grimpés sur leurs « boucliers de jardin ».
 
Brusquement alors que les hurlements de Kirk et sa meute se transformaient en grognements rauques et féroces, la pression se fit plus légère et ils purent se redresser et se remettre debout.
 
Ils aperçurent alors les chiens et les cygnes se livrant un combat acharné, les plumes et les poils volaient, parfois accompagnés de sang.
Victor s’arrêta comme fasciné par le spectacle et Lynn dut l’entraîner de force vers l’échelle qui leur permettrait de se mettre à l’abri des animaux.
Car ni elle ni lui n’était certain qu’après avoir exterminer les cygnes les chiens n’allaient pas se retourner contre eux.
 
Elle sauta presque la totalité des marches plutôt qu’elle ne les descendit, et Victor en fit de même après qu’il eut fermé les deux volets battants, interdisant ainsi l’accès à l’intérieur du bateau.
 
Lynn s’approcha de lui et l’entourant de ses bras elle murmura :
 
« Et maintenant que va-t-on faire ? »
 
Il l’embrassa sur le front et lui répondit qu’avant tout il allait mettre en place la barre de fer renforçant la fermeture des volets.
 
Et moment où l’extrémité de celle-ci atteignit le fond de la gâche métallique, l’air autour d’eux se mit à vibrer, l’intérieur du voilier sembla devenir flou, le plancher sous leurs pieds se mit à trembler et ils eurent l’impression d’être aspirés par un ventilateur géant.
Tombant dans les bras l’un de l’autre ils s’écroulèrent sur le sol mouvant du voilier et sombrèrent inconscients.
 
Quand ils ouvrirent les yeux ils étaient sur le ponton où était amarré auparavant le bateau, mais celui-ci n’était pas revenu avec eux. Ni les chiens d’ailleurs mais ils ne s’en plaignaient pas.
 
Regardant le ciel ils retrouvèrent avec plaisir « leur » soleil et Lynn se blottit dans le bras de Victor en lui murmurant au creux de l’oreille :
 
« La prochaine fois que je vois deux soleils ou plus dans le ciel je referme les volets et je me rendors jusqu’à ce que je sois de retour dans ma réalité. »

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Published by Kildar - dans Ecrits
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commentaires

darkia 29/09/2007 08:13

ah j'avais toujours pas lu ton texte, mais il est très bien moi je l'ai pas fait ça me paressais trop dure :Penfin bon bravo j"ai passer un bon moment en le lisant :)

Kildar 29/09/2007 09:46

Ah oui ? Moi je n'ai pas trouvé cela trop difficile mais faut dire que c'était la suite d'un de mes textes qu'il fallait écrire.Mais vu le faible taux de participation tu as peut-être raison, c'était plus difficile que cela ne me paraissait.Merci de ton com' et heureux de t'avoir fait passer un bon moment...

maryno 28/09/2007 18:31

bon....maintenant c'est le week-end; j'espère que tu vas trouver un peu de temps pour nous concocter quelque chose!!!!bises

Kildar 29/09/2007 09:43

Heu.... Je vais essayer.. Mais je ne promets rien....Bises too !

Claire Ogie 26/09/2007 08:12

Rien de tel que la réalité, mais quand on est dans le réel, on rêve toujours d'ailleurs, de l'irréel. Jamais contents ces bipèdes ! lol

Kildar 26/09/2007 10:04

Ah m'en parle pas !!!Ces humains quelle plaie 8-)Merci de ton com'

Azalaïs 25/09/2007 23:44

ç a aurait pu tourner aux Oiseaux  d'Hitchcok mais  non , ils s'en tirent au dernier moment  !Beau suspense !

Kildar 26/09/2007 09:49

Oui comme tu dis c'était à deux doigts ou plutôt à deux becs 8-)Merci.

maryno 25/09/2007 22:17

....que dire?....ficelles bien tirées et même si l'idée de départ était un peu loin de ce texte, le résultat est très bon....bises

Kildar 26/09/2007 09:48

Oui c'est certain qu'il y a eu un changement de cap - 8-) - entre le premier article et la suite... Mais c'est ainsi :0002:Merci à toi,Bises aussi.

fabienne 25/09/2007 19:39

mélange d'angoisse et de douceur. y'a pas à dire : l'auteur d'origine c'est franchement mieux big bisous

Kildar 26/09/2007 09:46

Merci je suis touché... et flatté aussi :0002:Big bisous too

polly 25/09/2007 15:40

Très chouette fin, vraiment! On voit bien que cette ambaince et ces personnages t'appartiennent. Bise à toi.

Kildar 25/09/2007 16:56

Merci beaucoup.Effectivement même si ce n'est pas comme ça que je pensais écrire la suite au début, comme je l'ai écrit en forum, il y a eu un "bintzzz" s ma tête et du coup ça a donné cette "suite" :0002:Merci encoreBises too

Madam'Aga 25/09/2007 14:25

Encore une suite que je préfère à la mienne. j'aime bien quand les animaux reviennent à eux (et je me demande pourquoi cette idée ne m'avais même pas frôlé l'esprit) et c'est drôlement bien fait.j'aime bien l'idée que les oiseaux les attaquent, je me demandais comment tu allais les sortir de là, j'avais oublié les chiens.Bref, j'aime beaucoupp.s : mes articles ce matin... Ils étaient programmés... lol

Kildar 25/09/2007 16:54

Merci.Moi j'aime bien ta suite comme je te l'ai dit par com' chez toi.Moi je ne pouvais pas les oublier puisque c'est moi "l'auteur" de la première partie :0002:P.S. : Pour tes articles de ce matin c'est ce que je me suis dit après coup 8-)