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Gwendoline resta immobile pendant un bon moment après le départ de Rya-Khin. Elle était terrorisée par ce qu’elle avait vu dans le regard de son amant, elle se
savait en danger.
Son amour pour elle ne l’empêchait pas d’être un des dignes héritiers du royaume des morts et son instinct de tueur n’en était pas diminué pour autant.
Epuisée, elle s’allongea. Il fallait qu’elle se repose un peu, juste une heure ou deux, le temps de reprendre des forces.
Plongée dans un profond sommeil, Gwendoline ne cessait de s’agiter. D’étranges images lui venaient à l’esprit, toutes plus horribles les unes que les autres. Elle se
voyait au milieu d’une marre de sang, hurlant et se tordant de douleurs.
A l’extérieur de la crypte, le ciel paraissait en furie, le vent s’était soulevé et le tonnerre grondait au loin. . Une bourrasque fit claquer la grille, ce qui
réveilla Gwendoline. Elle prit son long manteau et tout en titubant sortit de la crypte.
Malgré l’orage qui s’approchait à grands pas, les éclairs qui zébraient le ciel et le tonnerre, la nuit était étrangement silencieuse. Aucun bruit, pas même
celui des rapaces et autres prédateurs nocturnes, un silence de mort régnait à présent sur le monde.
La nuit avait des airs d’apocalypse, Gwendoline savait ce que cela signifiait. Rya-Khin devait approcher à grand pas de ce qui fut autrefois l’antre de l’amour.
Aujourd’hui, elle le savait, si elle demeurait plus longtemps, il deviendrait l’antre de l’horreur.
Ces images qu’elle avait vues pendant son sommeil, c’étaient celles de sa mort, elle en était à présent certaine. Rya-Khin devait se laver de cet affront et le seul
moyen d’y parvenir était de la tuer, elle et l’enfant qu’elle portait.
Elle quittât donc la crypte, bravant le froid, le vent qui lui cinglait le visage et la pluie pour s’enfoncer dans la forêt. Affaiblie par la faim qui lui tiraillait
les entrailles, trempée jusqu’aux os par les torrents d’eau qui tombaient, Gwendoline savait qu’elle n’irait pas très loin, il lui fallait absolument trouver de quoi se nourrir.
Rien en vue, pas la moindre proie. L’orage et l’odeur de la mort toute proche avaient fait fuir toutes les espèces vivant dans les parages.
Elle décida de s’asseoir quelques instants sur un arbre qu’un précédent orage avait déraciné quand un hurlement vint déchirer le silence pesant de cette nuit
apocalyptique. Elle reconnut ce cri, c’était celui de Rya-Khin, il ne devait plus être très loin de la crypte. Elle n’avait pas de temps à perdre, il fallait qu’elle se sauve, sinon, elle serait
perdue, il aurait vite fait de la retrouver.
Elle courut à travers cette forêt dense, sans trop savoir où elle allait, courir, le plus loin possible, le plus vite possible, c’était là sa seule chance de
survie.
Rya-Khin ne s’était jamais aventuré de ce côté-là de la forêt, en tout cas, jamais aussi loin. Il savait que le territoire des Fées lui était interdit, qu’il était
farouchement gardé. Cette frontière entre les deux mondes, nul ne la franchissait, sauf elle qui faisait partie à la fois de l’un et de l’autre, mais n’était plus vraiment acceptée par les siens
et à peine tolérée par les autres.
Dans sa course éperdue, aveuglée par l’eau qui ruisselait sur son visage, Gwendoline ne vit pas la branche qui se trouvait devant elle.
Elle la heurta de plein fouet. Le choc fut terrible, le visage en sang, elle s’écroula.
par Cheeky Diablesse
publié dans :
Ecrits
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