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N° 00040288

10 août 2011 3 10 /08 /août /2011 10:50

 

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Allongé sur le vieux banc de pierre du jardin, Greg contemplait le ciel en laissant dériver ses pensées, suivant le fil chaotique qui de tout temps avait mené sa vie.
Etrangement c’était sur ce même banc et dans la même position qu’il LUI avait téléphonée la première fois il y a huit ans de cela.

 

La Vie l’avait toujours séduit plus qu’elle ne l’avait déçu, justement à cause de ces surprises et autres coïncidences qui avait agrémentées son existence.
Il se souvenait de cette conversation comme si c’était hier… mais en fait c’était il y a huit ans. Il se rappelait les premiers mots, la découverte du son de sa voix, la première appréhension : quel effet lui ferait le son de sa propre voix ? Il avait toujours été surpris – et pas agréablement – lorsqu’il entendait sa voix enregistrée sur un répondeur téléphonique ou une vidéo, et plus encore lorsque les « autres » lui affirmaient que c’était bien sa voix, qu’il n’y avait aucune distorsion et cerise sur le gâteau : qu’ils la trouvaient agréable dans sa raucité.

Il n'en avait pas été autrement avec "elle", il avait eu la sensation que si ce début avait eu une suite, le son de sa voix cette nuit là y avait été pour beaucoup. Comme quoi...

Hélène lui avait d’ailleurs confié quelques semaines plus tard, lorsqu’ils s’étaient réveillés ensemble pour la première fois, que lorsqu’elle avait raccroché son téléphone après ce premier « contact » le son de sa voix lui avait procuré une sensation aussi agréable que celle de boire un bol de lait chaud aromatisé au miel.

Et il n’avait pas été réellement surpris, même si il n’avait pas pu s’empêcher de laisser échapper un soupir de contentement… Ah, séduire est un plaisir bien agréable, parfois même plus que de jouir.

Plus tard encore elle lui avait avoué avoir conservé un des messages qu’il lui avait laissé sur son répondeur et, lorsque le manque de lui était trop fort, elle se caressait en écoutant sa voix.

 

Le regard perdu dans les étoiles Greg feuilletait l’album de ses souvenirs, redécouvrant page après page les instantanés de cette relation qui s’était élevée vers les cimes d’un amour intense autant que profond, pour lentement s’estomper dans la brume automnale  de chemins qui se séparent sans qu’on ne puisse ni ne veuille rien y faire.

Chacun avait repris sa route au point où il l’avait laissée trois ans auparavant.

 

Et voila que ce matin, cinq ans plus tard, écoutant son répondeur en buvant son café, il avait trouvé un message qu’elle lui avait laissé peu de temps avant le lever du jour :

 

« Greg, c’est Hélène… Il faut que je te parle… Puis-je t’appeler ce soir… Envoie moi un SMS - ne m’appelle surtout pas - pour me dire à quelle heure je pourrais te joindre en fin de soirée… J’attends ton message… C’est très important…Merci…Je t’embrasse… »

 

Il avait dû réécouter ce message une seconde fois tant sa surprise avait été grande, au point qu’il n’avait pas retenu un seul mot de celui-ci, jusqu’il venait d’Hélène.

Il était d’autant plus étonné que c’était elle qui avait rompu leur relation, même si il devait avouer que si elle ne l’avait pas fait c’est lui qui aurait pris la décision.

Autant elle que lui avait su que leur « histoire » touchait à sa fin.

La seule façon pour que cette relation se poursuive aurait été qu’ils se séparent de leur conjoint respectif pour vivre ensemble, ce qui relevait du fantasme et n’aurait pu se réaliser que s’ils avaient trouvé le moyen de vivre dans un monde parallèle.

Et c’est étrangement le moyen qu’Hélène avait trouvé pour cette rupture.

Une semaine après leur dernière rencontre dans ce petit hôtel de l’Ile de la Cité où ils avaient pour habitude de se retrouver, elle lui avait envoyé un mail pour lui annoncer qu’elle ne pouvait plus vivre ainsi, qu’elle avait tout dit à son époux et qu’elle allait le quitter dès le lendemain. Elle prendrait alors le train pour venir expliquer à sa femme qu’ils étaient amants, qu’ils s’aimaient, qu’ils ne pouvaient plus vivre dans le mensonge et qu’ils ne supportaient plus d’être séparés.

Evidemment il lui avait tout de suite téléphoné, et bien entendu elle n’avait pas décroché.

Il lui avait laissé un message et répondu à son courrier.

Il lui demandait de se raisonner et de réfléchir aux conséquences, non pas pour lui et son couple, mais pour elle et ses deux enfants. Avait-elle conscience qu’elle devrait les « abandonner » en même temps que son mari et qu’elle ne pourrait plus faire marche arrière. Leur aventure, aussi belle et intense qu’elle soit, valait elle un aussi grand sacrifice ? Il ne le croyait pas et surtout il ne s’arrogeait pas le droit de la séparer « définitivement » de ses filles.

Il n’avait pas reçu de réponse ni eu de ses nouvelles pendant la semaine suivante – il eut avouons le quelques montées d’angoisse lorsqu’on frappait à sa porte – et le lundi matin il trouva un mail dans sa boite de réception. Mail dans lequel Hélène lui expliquait que ne sachant pas comment se « débarrasser » de lui, elle avait inventé toute cette histoire, qu’au grand jamais elle n’avait envisagé un seul instant de tout quitter pour lui mais qu’elle se doutait bien que son ego surdimensionné n’hésiterait pas une seule seconde à le pousser à croire à ce conte de fées.

Sur ce elle lui souhaitait bon vent et le priait instamment de l’oublier définitivement comme elle allait s’empresser de le faire.

 

Et c’est ce qu’ils avaient fait… enfin presque puisqu’elle venait de le recontacter, qu’il lui avait envoyé un SMS et qu’allongé sur son banc il attendait son appel.

 

Il avait beau s’y attendre il sursauta néanmoins lorsque son téléphone sonna, il respira lentement et répondit.

 

-      Oui.

-      Bonsoir Greg.

-      Bonsoir Hélène, ça faisait longtemps.

-      Comme tu dis. Je peux te parler ?

-      Bien sur, je te l’ai écrit.

-      Cool…. Tu m’as manqué tu sais…

-      Idem…

-      … Tu me manques … Ou plutôt « NOUS » me manquons encore…

-      Je pourrais te dire qu’il en est de même pour moi mais tu le sais déjà.

-      C’est vrai mais ça fait plaisir de te l’entendre dire… Tu sais ta voix n’a pas changé, elle est pareille que dans mon souvenir et…. elle me fait toujours le même effet.

-      La tienne non plus n’a pas changé, elle a cette sonorité fraiche et cristalline qui me fait penser au cours d’un ruisseau en montagne.

-      Bon, venons-en à la raison de cet appel. Voilà mon mari a été « licencié pour raisons économiques » et il a trouvé un nouveau job dans le Sud et plus précisément à Arles. Nous avons cherché et trouvé une maison à quelques kilomètres de son futur lieu de travail et nous emménageons à la fin du mois, c'est-à-dire dans une dizaine de jours.

-      Effectivement c’est une « nouvelle »…

-      Oui n’est-ce pas. Je voulais te prévenir  afin que tu ne sois pas surpris si tu me croisais un jour dans les rues d’Arles…

-      Non seulement je ne serai pas surpris mais je serai heureux de te croiser… et plus si…

-      Affinités…

 

Eclatant de rire en cœur à 600 kilomètres l’un de l’autre c’est bien évidemment ensemble qu’ils murmurèrent :

 

« Je t’aime. »

 

 

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Published by Kildar - dans Ecrits
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commentaires

Ghislaine 01/07/2013 09:07


Hé bien bon retour.et laisse toi tenter a écrire chez Michel............

Kildar 03/07/2013 22:08



Je reconnais que je suis bien tenté ;-)
Merci de venir jusque chez moi pour m'encourager..
Je saurais m'en rappler 8-)



maryno 28/08/2011 21:18



mon cher kildar!!!...tes écrits sont rares mais très forts!!....très beau texte ..vivre une histoire d'amour hors la loi c'est effectivement s'exposer à la solitude...amour destructeur et
pourtant si doux!!...le hasard n'existe pas et certains chemins se croisent laissant une empreinte indélébile...


bisoux 



Kildar 29/08/2011 11:57



Ma Chère Maryno, c'est toujours un plaisir de lire vos commentaires sur mes petits écrits ;-)


Merci à Toi de cette empreinte qui me touche.


Ton passage me laisse supposer que tu es enfin rentrée de vacances ;-)