Mes écrits, mes "dessins", mes coups de coeur, mes humeurs,... Bref ce qui transparait de moi à travers mes "créations"
Texte que j'aime particulièrement mais dont je déconseille la lecture aux "Personnes sensibles"...
Lecteurs non avertis vous ne pourrez point dire que vous ne l'avez pas été...
L'enfant écartelé regarde d'un air abasourdi le sang épais et chaud s'écoulant de son corps. Il ne comprend pas pourquoi cet homme au regard si doux l'a, d'un coup de couteau, ouvert en deux d'un geste majestueux. Il ne sait pas comment la violence a pu transformer cet humain en une bête féroce. Même le tigre affamé lui semble moins sanguinaire. Il l'a vu prendre plaisir à cette éventration. Il a senti l'orgasme investissant cet homme. Sa jouissance était visible, il ne s'en cachait pas, laissant des traces sur le jean délavé. Une odeur fade et âcre parvient aux narines de l'enfant. Un tel plaisir lié à une telle violence l'étonne au plus haut point. Pourtant, au fond de sa mémoire sommeille le souvenir furtif d'un plaisir similaire. Il se revoit marmot, sachant à peine marcher, arrachant une à une les ailes puis les pattes, d'une mouche captive. Il se souvient pleinement de la joie funeste qui l'habitait alors. Il comprend un peu mieux le bonheur de cet homme. Il ne lui en veut pas de jouir de cette façon. Il n'est pas plus coupable vis à vis de lui que les mouches de sa prime enfance ne l'étaient. Leur seule erreur était de s'être laissées prendre. Il n'a pas réussi à faire mieux. L'homme l'a séduit, son regard était si tendre. Il s'est laissé piéger par les mots suaves s'écoulant de cette bouche lascive. Il n'a pas eu besoin de lui offrir des bonbons, ses yeux le regardant valaient mille sucreries. Et puis, il y avait cette main caressant ses cheveux. Pendant que le son de sa voix parachevait l'ouvrage. Rien à dire, il était très fort. Une douleur plus intense dans le creux de son ventre lui fit reprendre contact avec la réalité. L'homme lui parle. Les mots n'atteignent pas son cerveau. Impression d'être sourd. Le couteau s'est enfoncé à nouveau, il taillade son corps, déchire ses entrailles. Les yeux plantés dans les siens comme la lame dans son ventre, l'homme recommence à sourire. L'enfant comprend alors qu'un nouveau plaisir vient. Une nouvelle jouissance, elle est là, prête à éclore. Il sait qu'elle lui sera fatale. Il n'y survivra pas. Alors, d'un mouvement brusque et soudain, il se redresse, rebelle ensanglanté, et s'empale violemment sur le couteau planté. Il meurt dans un cri de joie malsaine. L'homme reste ébahi, sa jouissance s'enfuit. L'enfant le laisse seul, et il se sent trahi.