Après plus de trente ans à attendre, en réalité presque onze depuis l’émission de Michel Denisot sur Canal Plus, ma patience a été récompensée et pas qu’un peu.
Je vais non pas vous faire partager ce moment, car pour cela il aurait fallu que vous soyez avec moi à Bercy le 2 mars de 20h15 à 23h15, mais vous livrer ce que j’en ai vécu ou ressenti.
Comme à son habitude Michel nous a offert un spectacle bien « léché », en bon perfectionniste qui s’assume. Nous avons eu droit à un show à l’américaine : musiciens au top, éclairages et jeux de lumières magnifiques, choristes aux voix superbes et superbes physiquement ce qui n’enlevait rien au plaisir des yeux.
Pour être tout à fait franc ce fut plutôt : The Come Back !
Le spectacle a duré 2 heures pas une minute de plus ou plutôt si : celles que nous avons passé à attendre le « rappel. »
Il a commencé avec ¾ d’heure de retard parce Môssieur le Premier Ministre, Môssieur Patrick Bruel et autres « Very Important People » non contents de ne pas payer leur place, trouvent le moyen de ne pas être capables d’arriver 30 minutes avant le début du spectacle comme les 10.000 personnes qui eux paient leur place et sont là 1 heure avant l’heure prévue de début du concert. Bref il faut bien qu’ils se fassent remarquer et il y a eu moindre mal que s’ils étaient arrivés après le début du spectacle la gêne en aurait été plus grande car bien évidemment ils ne se seraient pas fait discrets.
Après une arrivée en ombre chinoise derrière le rideau sur les trois notes de la « Poupée », celui-ci s’est ouvert et Michel a commencé par « Je suis un homme ».
Puis le mot qui en rajouta une « couche » à l’émotion qui me faisait frissonner : Enfin !
Rien de plus que ces 5 lettres, que ce mot tout simple. Mes yeux brillaient, les siens aussi.
Il enchaîna tube légendaire sur tube légendaire pendant 45 minutes, passant d’ « Hey Woman » à « Y a k’un ch’veu » et pour arriver à « Je t’aime. »
Soudain, le Piano apparut sur le côté de la scène, sortant de l’ombre propice où il se tenait tapi, attendant son heure…
Là Michel nous entraîna tout de suite dans les hauteurs avec « L’Homme qui pleurait des larmes de verre », mais pour beaucoup d’entre nous les larmes d’émotion qui coulaient sur nos visages étaient bien réelles.
Ce fut la séquence « Emotions/Frissons », Michel seul au piano avec son bassiste et parfois une choriste : Rien que d’y penser et de réentendre dans ma tête son « Love me please love me » j’en ai la chair de poule….
Puis retour au show « Lumière/Musicien » en douceur avec une chanson très jazzy qui nous rythma naturellement les pieds et les mains. Surprise c’était un nouveau titre – Position – qui n’est pas encore enregistré et sera sur son prochain album à paraître… un jour.
Bien évidemment dans la « foulée » nous n’avons pas échappé à son « Ophélie », mais dans sa grande clémence pour nous spectateurs de son 1er Retour, Polnareff a réservé « Je rêve d’un monde » au public d’un futur concert. Merci Michel.
« Michel si tu lis ces lignes, pourrais-tu éviter aussi de la chanter en juin au Zénith de Toulouse. Merci d’avance. »
Puis Michel alterna Chansons Spectacle et Mélodies au piano, non sans laisser ses musiciens – tous des génies sans exception – s’exprimer en impros chacun leur tour…
Le Batteur nous a tous scotchés, comme a dit Polnareff en le présentant : Il fait avec ses pieds ce que d’autres n’arrivent même pas à faire avec leurs mains !
Puis sans qu’on s’en soit aperçu ce fut le Final !
Grandiose : On ira tous au Paradis avec jeux de lumières dignes de Steven Spielberg et pluie de confettis en forme des « célèbres » lunettes sur tous les spectateurs.
Le public était debout, chantant avec Michel, ce qui masquait peut-être les « faiblesses » de sa voix après deux heures de chant quasiment sans interruption et onze ans depuis le dernier concert au Roxy.
Oui, peut-être n'est-il pas monté aussi haut dans les aigus sur Marylou que dans mon souvenir, mais même cette hauteur là ils sont peu nombreux à pouvoir l'atteindre !
A la fin de ce « must » il s’est approché le plus possible du bord de la scène et d’une voix chargée d’émotion, à peine plus forte qu’un murmure il a dit : « J’ai pas envie de partir », puis il s’est éloigné vers le fond de la scène.
La foule en liesse hurlait son prénom et scandait : Michel Reste !
Alors il est revenu saluer une fois encore. Parlant des musiciens qui avaient repris « On ira tous au Paradis » il cria : « Eux non plus n’ont pas envie de partir », puis les larmes ont jailli de dessous ses lunettes et il s’est adressé à nous une dernière fois :
2 Mars 2007… 1er Retour !
Il est parti sans se retourner, nous laissant debout, trépignant, hurlant son prénom, pour ne pas revenir. Les lumières se sont rallumées ; les musiciens ont quitté la scène, les écrans géants se sont éteints, la « musique d’ambiance » est revenue dans les H.P. du POPB : il ne nous restait plus qu’à partir….
Evidemment je ne regrette pas d’y être allé, ce serait à refaire je le referais tout pareil, mais – car il peut y avoir un mais – peut-être ai-je attendu trop longtemps ce « retour »… et lui aussi.
Mais il faut laisser le temps au temps, quoi qu’il en soit j’ai dans la tête l’intégralité du concert, je le revois debout face à nous, assis à son piano, mais aussi « vidé/comblé » retournant dans sa loge après deux heures d’un spectacle qui, disons le, fut grandiose.
Les 22 et 23 juin 2007 il sera au Zénith de Toulouse et plus les heures passent plus la probabilité que je sois dans cette salle monte en puissance.
A très vite Michel… Tu me manques déjà !