Voilà ma "contribution" au Jeu " Début & Fin".
Là aussi il est question de "baiser" comme chez Claire mais c'est la faute à Faux Rêveur qui m'a demandé d'écrire un article nommé "Bisous or not Bisous" !
Allez j'espère que vous aurez autant de plaisir à lire que je me suis amusé à l'écrire.
La pièce avait un haut plafond victorien, et il y avait une cheminée de marbre, et un avocatier qui poussait sur la fenêtre, et elle était couchée près de moi et dormait, très belle et blondement.
Blondement… C’était ça le hic ! Ma chevelure était brune voire même aile de corbeau et j’étais une source inépuisable de blagues sur les « blondes » et ce depuis des années.
Alors comment cette femme avait-elle atterri dans mon lit et surtout dormi près de moi.
Reprenons nos esprits. Hier soir j’étais restée seule à la maison, d’autant plus que celle-ci n’était pas la mienne. Elle appartenait à mon associé et je « gardais » les meubles pendant qu’il était parti à Hong Kong prospecter des clients pour notre cabinet d’affaires.
Un regard rapide autour de moi me confirma ce que je pensais : pas une trace d’alcool aux alentours. Je sortis discrètement du lit et me rendis dans le salon. Là non plus pas de bouteilles ni de verres vides.
Rien sur la table basse, pas de miroirs, de lames de rasoir, pas de mégots « louches » dans le cendrier. D’ailleurs celui était vide et propre surtout, j’avais arrêté de fumer avant d’emménager chez Jeff il y avait déjà une semaine. En fait puisqu’il était non-fumeur je respectais son choix et n’allais pas « enfumer » son lieu de vie. Je recommencerai à fumer lorsque je réintégrerai mes pénates.
Bref tout cela ne m’expliquait pas comment – même si j’étais lesbienne – cette fille était arrivée ici.
Je n’étais attirée que par les rousses et plutôt vues par Rubens que par Modigliani.
D’autant que je pouvais affirmer avec certitude ne pas l’avoir « draguée » dans un de mes terrains de chasse favoris : je n’étais pas sortie hier soir j’avais un rapport à terminer.
Au fait où était mon ordinateur portable ? Je voyais bien sa housse et son chargeur mais pas celui-ci. Je soulevais les coussins du canapé, ceux des fauteuils assortis, déplaçais les journaux et magazines sur la table du salon, inspectais rapidement la cuisine et la salle à manger, il était nulle part.
Hormis la salle de bains et les toilettes, que j'allais visiter par acquis de conscience, il ne restait que la chambre à coucher. J’y retournais sur la pointe des pieds.
Etrangement alors qu’il aurait suffit que je la réveille pour savoir, je n’arrivais pas à me décider à le faire. Encore ce côté « tout toute seule » qui reprenait le dessus.
L’ordi était là, posé sur une chaise face au lit et chose étrange la webcam y était connectée et également face au lit. J’appuyais sur la barre espace pour faire sortir de l’économiseur d’écran et découvris en plein milieu de l’écran l’icône d’un fichier mpeg nommé : Soirée d’hier. J’attrapais délicatement l’ordinateur, débranchais la webcam et emmenais l’engin dans le salon.
Je m’installais dans un des fauteuils et double-cliquait sur « Soirée d’hier ».
En gros plan la « blonde » s’adressait à la caméra en souriant :
« Bonjour Clara, je m’appelle Bérénice et je suis arrivée hier soir chez toi. »
Elle recula jusqu’à la tête du lit où elle s’assit, ce faisant je vis dormant à ses côtés.
Elle passa délicatement la main dans mes cheveux et reprit son monologue :
« Je suis la sœur de Jeff ou plutôt sa demi-sœur et lui et moi avons fait un pari à ton sujet. J’ai parié que malgré que je sois blonde et mince je parviendrai à te séduire et surtout à t’embrasser : mon frère m’ayant longuement parlé de tes préférences et surtout du fait qu’à part tes parents et tes sœurs tu n’avais plus jamais embrassé quelqu’un depuis l’âge de 22 ans.
Dix ans sans baisers : le challenge m’attirait ainsi que l’idée que le premier baiser que nous allions échanger risquait d’être digne du Guiness Book.
Je suis chimiste et j’ai mis au point non pas des philtres d’amour mais un élixir d’oubli et ainsi qu'une potion de la « Belle au Bois Dormant ». Alors je t’ai faite boire le premier et je boirai la seconde à la fin de cet enregistrement.
A ton réveil tu ne te souviendras pas de moi, encore moins de ce que nous avons faites ensemble et surtout si nous nous sommes embrassées.
Ayant entendu ce que je viens de te dire tu vas avoir très très envie de me réveiller alors avant de boire ma « potion » je dois t’expliquer pourquoi je l’ai appelée ainsi : tout simplement parce que pour me réveiller, comme la Princesse du conte, tu vas devoir m’embrasser et pas du bout des lèvres. »
Sur l’écran Bérénice sourit plus encore, avala le contenu de son flacon et cliqua sur « arrêter l’enregistrement et fermer l’application », non sans avoir eu le temps d’envoyer un dernier baiser à la caméra : Ecran noir !
Je posais l’ordinateur sur la table du salon et retournais dans la chambre sans savoir si oui ou non j’allais la réveiller.
Elle était étendue là, profondément endormie ; ses errances étaient terminées et les miennes ne faisaient que commencer.