Je la regardais dormir, retenant mon souffle afin de ne pas la réveiller, admirant ses boucles brunes aux reflets cuivrés sur l’oreiller blanc, posées tout autour de sa tête comme une mer étale encerclant un atoll dans ses contrées lointaines où j’aurais tant voulu l’accompagner.
Ses paupières frémissantes au rythme de ses rêves cachaient un regard aux couleurs maritimes, elle eut ouvert les yeux à ce moment précis qu’en seul instant j’aurais été emporté dans l’Océan Indien.
Ses lèvres délicatement entrouvertes tels deux fruits rouges que je mourrais d’envie de déguster, semblaient vouloir me dire : Embrasse-moi je t’en prie.
Mais je ne le ferai pas, elle était si belle dans son sommeil.
Son « tee-shirt de nuit » baillant sur sa poitrine laissait deviner un vallon entre deux rondeurs à la ferme apparence, j’y avais si souvent laisser flâner mes mains et le bout de ma langue que j’en savais par cœur la douceur et le miel.
Si son ventre et son antre à l’abri derrière ce rideau de coton restaient secrets, ses jambes quant à elles me faisaient rêver. Leur galbe fuselé et leur longueur qui n’en finissait pas étaient là, négligemment posés sur le dessus des draps. Elles se terminaient par des pieds si bien dessinés qu’une telle perfection semblait plus qu’un miracle mais un acte divin.
Car c’était la tout le charme de Clara, elle était si parfaite que la voir endormie, alanguie, voire même abandonnée que même le pire athée à Dieu commençait à parler.
Je reculais lentement et je quittais la chambre, non sans la regarder une dernière fois en me disant que quand même Dieu avait l’esprit tordu pour avoir fait Clara aussi belle et totalement simplette.