Mes écrits, mes "dessins", mes coups de coeur, mes humeurs,... Bref ce qui transparait de moi à travers mes "créations"
Tout est Pur pour ce qui est Pur.
Allongé dans l’herbe froissé en plein centre d’une clairière Rya-Khin laissait cette phrase tourner en boucle dans son esprit.
Elle lui avait été asséné par l’un des Grands Maîtres du Cercle des Ténèbres quand celui-ci avait été informé de la relation qu’il entretenait avec Gwendoline la Reine des Fées, celle qui l’aimait par dessus tout et qui portait leur enfant.
Oui mais voilà Gwen n’était pas une femme comme les autres, il l’avait convertie et elle était devenu Vampire elle aussi, mais son statut de « Reine des Fées » en faisait aussi l’ennemi « héréditaire » du Peuple des Ténèbres dont Rya-Khin, Fils de Dra-Khul, était Prince-Héritier du Trône.
Le Cercle de ses Conseillers l’avaient mis en garde en citant cette maxime gravé au fronton du Temple de la Vérité, adage extrait du Manuscrit Lugubre que leur ancêtre Dra-Khul avait rédigé.
Ces paraboles au nombre de vingt-six était chargées de mille et une significations, en l’occurrence le Grand Maître avait interprétée celle-ci comme une obligation de « sang pur » pour toute union qui devait donner naissance au descendant du Prince des Ténèbres.
En résumé il ne pouvait pas s’unir à elle et encore moi avoir un enfant avec elle.
Heureusement il avait caché cette grossesse aux membres du Cercle sinon ceux-ci seraient déjà partis pour l’exterminer elle et surtout l’enfant qu’elle portait.
Regardant les étoiles et la Lune pleine il revit le visage de Gwen penchée sur lui la nuit dernière. C’était hier et pourtant il avait l’impression qu’il s’était écoulé des jours et des jours depuis leur dernière étreinte.
Ils s’étaient rassasiés mutuellement l’un l’autre avant qu’elle ne lui confit son terrible secret :
Elle était la Reine du Royaumes des fées et elle attendait un enfant.
Cet aveu l’avait désorienté et il avait erré seul dans la forêt avant d’aller consulter l’Oracle.
C’est sur le chemin du retour que, s’étant arrêté chez les siens, il avait interrogé le Grand Maître à propos de Gwendoline et lui.
Seul maintenant avec ses envies et ses obligations, il savait qu’il avait un choix terrible et cruel à faire.
Il pensa à sa bien-aimée seule dans la Crypte où il l’avait laissée et ce à quoi elle était elle-même confrontée, car aussi bien elle que lui avait tout à perdre s’ils décidaient d’outrepasser les lois de leurs Peuples respectifs et de s’unir.
Il leur faudrait non seulement tout abandonner et devenir des parias, pourchassés par leurs anciens amis pour le reste de leurs jours.
Rya-Khin se rappela de la phrase qu’elle lui avait présentée comme la demande d’absolution dans son Royaume, il sentit soudain en lui monter l’envie de courir la retrouver dans la Crypte, de s’agenouiller à ses pieds, et avant d’accomplir ce qu’il devait accomplir, de lui dire en la regardant droit dans les yeux :
Aujourd’hui je confesse mes Grâces.