Mes écrits, mes "dessins", mes coups de coeur, mes humeurs,... Bref ce qui transparait de moi à travers mes "créations"
L’humidité faisait ruisseler les murs de pierres ocre, du bain perdu dans la brume aqueuse nous parvenait des murmures mêlés au clapotis de l’eau, nos corps s’étaient mis au diapason de l’atmosphère : la transpiration s’exsudait de chaque millimètre de peau en contact avec l’atmosphère moite et chaude. Chacun de nos mouvements tranchait l’air comme une machette nous ouvrant un passage dans la forêt amazonienne. Nous avions l’impression qu’au détour d’une de ces gigantesques colonnes de marbre allait surgir un anaconda, bondir un jaguar ou, dans un tourbillon multicolore, s’envoler un cacatoès.
Ce fut un prédateur d’un genre complètement différent qui apparut devant nous : un cobra ou plus exactement Le Cobra. Un mètre quatre-vingt dix-huit de haut, cent trente kilos de muscles, des yeux bleu acier tel des reflets d’argent, des lèvres fines et cruelles s’ouvrant sur un sourire carnassier et un crâne lisse à l’arrondi parfait comme une boule de flipper.
A l’origine son surnom lui venait d’un tatouage qui partait de sa cheville gauche et s’achevait juste en dessous de son nombril. Evidemment il représentait un cobra enroulé autour de sa jambe dont la gueule ouverte sur deux crocs où perlaient une goutte de venin, s’affichait sur des abdominaux qui paraissaient sculptés dans du marbre. Mais c’est sa rapidité à se déplacer et à frapper qui avait donné ses lettres d’or à ce surnom.
Face à lui nous n’avions d’autre choix que de nous arrêter et d’attendre, en plus le rencontrer était l’objet de notre venue ici.
Son regard vif nous détailla rapidement avant de se fixer sur moi. Instantanément les ruisseaux de sueur sur mon corps subirent une crue violente digne de la mousson en Inde, ma respiration se fit oppressée, j’avais le souffle court comme si la chaleur du lieu avait doublé d’intensité, j’étais tétanisé comme la femme de Loth après qu’elle se fut retournée.
Le Cobra s’approcha, son serpent semblait près à mordre dans la chair tendre et glabre de ma poitrine, j’essayais vainement de battre en retraite mais les gens qui m’accompagnaient étant eux aussi incapables de bouger, j’étais incapable d’éviter le contact.
Brusquement la résistance derrière moi disparut, je reculais aussi vite qu’il m’était possible pour me retrouver dos au mur avec cette montagne humaine toujours aussi proche : son ventre se colla à moi.
Une sensation de chaleur me pénétra et comprima mes poumons déjà malmenés par la température et l’humidité du hammam, les battements de mon cœur s’accélérèrent, littéralement je suffoquais.
Le Cobra fit un pas en arrière et prononça ses mots : « Matthias je suis d’accord, tu peux épouser ma sœur. » Il se retourna et disparut dans la brume.
Les yeux vides je glissais lentement le long du mur et me retrouvais assis sur le sol humide, j’étais K.O.