Mes écrits, mes "dessins", mes coups de coeur, mes humeurs,... Bref ce qui transparait de moi à travers mes "créations"

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Noire comme ton âme - Episode 2

Seul le fauteuil avait changé, le reste du décor environnant était le même. Elle était toujours allongée sur le divan, peut-être semblait-elle un peu plus « crispée » mais il fallait un regard averti pour s’en apercevoir.

 

Contrairement à la semaine précédente ce n’est pas sa bouche qu’il fixait mais son œil gauche et plus précisément sa pommette gauche ornée d’un hématome légèrement bleuté, plus connu sous le nom de «  rencontre avec un coin de porte ».

 

Il existait diverses sortes de porte allant de celle creuse en contreplaqué menant au placard à balais à celle pleine en chêne massif protégeant l’accès à la chambre du seigneur et maître du château. Apparemment celle qu’elle avait croisée était du genre porte d’intérieur en bois exotique ni trop légère ni trop lourde. En tout cas assez pour marquer son visage pendant quelques jours.

 

N’allez pas imaginer que je suis une femme facile ou volage, nous n’avons pas fait l’amour ce week-end là !

 

Une fois encore sa voix pleine de colère et dirigée vers lui – transfert oblige – le ramena à la réalité.

 

« Je n’imagine rien je vous écoute tout simplement. » dit-il avec calme.

 

A nouveau le « charme » opéra et elle reprit son monologue posément.

 

Nous étions allongés sur le lit de cette chambre d’hotel grenoblois, nos corps collés l’un à l’autre, nos peaux séparées simplement par la soie de mes sous-vêtements et celle de son caleçon, autant dire rien, je ne me rappelais pas quand ni comment nous nous étions déshabillés mais le fait est que mon châle, ma robe et mes chaussures étaient éparpillés sur le sol, mélangés à sa chemisette son pantalon et ses mocassins. Ses mains caressaient mon corps allumant en moi un feu à la hauteur des incendies de forêts qui ravageaient les forêts varoises chaque été, mes lèvres dévorant les siennes semblaient ne jamais pouvoir rassasier cette faim d’amour qui embrasait mon ventre.

 

Il cessa lentement ses caresses, se redressant au-dessus de moi il dit  : Non.

 

Reprenant mon souffle lentement je le regardais sans comprendre comme s’il s’était adressé à moi en serbo-croate ou comme si pour moi le français était une langue inconnue.

 

Sans me laisser le temps de réagir il m’expliqua calmement pourquoi il était hors de question que nous allions plus loin et que même nous étions déjà allés trop loin.

 

« Puisque nous sommes différents des autres, ceux pour qui les rencontres via internet ne sont que des plans cul, alors prouvons-le en nous comportant différemment »

 

Et j’ai accepté en le regardant avec tendresse : il était si beau dans son désir retenu, la sueur dessinant les méandres d’un fleuve sur sa peau mate, la douceur de celle-ci manquant déjà au bout de mes doigts.

 

A l’époque je ne savais pas que je venais de tomber dans les filets du plus grand héritier de Machiavel qu’il puisse exister à ce jour. J’allais être son jouet, son objet de plaisir et pas seulement physique, sa chose qu’il allait façonner avec amour et détermination, car c’est ça le pire c’est qu’il m’aimait vraiment mais ne savait pas faire autrement...

 

Vous voyez je continue à lui trouver des excuses à ce salaud, à ce démon qui m’a marquée comme personne ne l’a jamais fait et ne le fera jamais.

 

Et ce n’était que le début de deux ans de bonheur alternant avec la souffrance, l’amour avec la haine, la joie avec la tristesse, et j’allais AIMER ça ! Pourquoi m’étais-je comportée de cette façon, pourquoi avais-je accepté d’être traitée ainsi ?
Tout simplement parce qu’il souffrait autant que moi, du moins c’est ce que je croyais et soyons francs ce que je crois encore parfois.

 

Pourtant je ne suis pas une femme ignare sans aucune éducation, j’ai un Q.I. supérieur à 115, j’ai une maîtrise de droit et une de lettres, mon mari est un avocat renommé du barreau lyonnais, nos deux fils ont d’excellents résultats scolaires, j’ai une multitude d’activités et occupations extérieures, la situation de mon époux me permettant de ne jamais regarder à la dépense, et pourtant je me suis fait avoir comme une débutante, une pauvresse digne d’un roman issu de la rencontre de Barbara Cartland et Charles Dickens. Si vous saviez comme à la fois j’ai honte et je me déteste, comme j’aimerais avoir une machine à remonter le temps pour modifier le passé et refuser cette première rencontre, être au cinéma et entendre le salutaire « Coupez on la refait ! », mais malheureusement nous sommes dans la vraie vie et il faut vivre avec ses erreurs.

 

Elle resta silencieuse durant presque une minute semblant soudain s’être réfugiée dans un coin de sa tête. Il ne prononça pas un mot ce n’était pas la première fois que ce phénomène se produisait et il était toujours suivi d’une phrase clé annonçant une brusque progression dans l’analyse de sa patiente. Il se félicitait d’avoir accepté d’être son analyste alors qu’elle était venue à son cabinet d’Ecully sans lui dire comment et pourquoi elle avait pris rendez-vous avec lui, chose qu’en règle générale il n’acceptait jamais même si la déontologie l’interdisait. Il avait suivi son instinct qui l’avait poussé à la prendre en analyse avant qu’il ait pu réfléchir et décider consciemment d’accepter. Comme quoi il est des fois où la raison et la réflexion n’ont pas leur mot à dire, ce qui était un comble pour un « disciple » de Freud, Jung ou Lacan. Bah il était certain que Sigmund, Carl Gustav ou même Jacques avaient aussi vécu ce genre de situation « inexplicable ».

 

Elle reprit la parole aussi soudainement qu’elle s’était tue.

 

En fait j’ai volontairement accepté cette relation avec tout ce qu’elle a comporté, c’était une manière tortueuse il est vrai, mais je n’ai jamais prétendu être simple, de vivre la vie que j’ai toujours enviée : celle de ma sœur cadette. Oui j’étais envieuse de la voir papillonner d’amant en maîtresse sans vergogne et sans honte, libre comme une abeille butinant de fleur en fleur, et plonger dans les abîmes de l’amour libre pour rejaillir en souriant au soleil comme si de rien n’était.

 

Oui c’est aussi simple que cela : j’étais jalouse de cette salope, cette grue qui se faisait sauter par tout ce qui passait à sa portée, et moi pendant ce temps je mettais au monde deux « adorables marmots » qui ont gâché mes nuits en braillant comme s’ils se faisaient égorger et il ne fallait pas compter sur « môssieur » mon mari pour se lever et s’en occuper, chacun ses attributions et en tant que femme la question ne se posait pas, point barre.

 

Alors voilà au bout de dix ans de bons et loyaux services j’ai décidé que c’était à mon tour de vivre et de m’éclater, d’aimer et d’être aimée, forte de ce joli prétexte qui me donnait bonne conscience je suis allée surfer sur la toile dans un état d’esprit plus proche de celui de la mygale que de la douce et innocente libellule. Mais m’identifiant à ma sœur je ne pouvais décemment pas prendre dans mes filets un gentil et honnête garçon qui m’aimerait sincèrement et tendrement, qui attendrait que je sois libre pour oser me proposer de dormir dans la même chambre, non j’en voulais un aussi pervers que j’imaginais être en ressemblant à ma sœur.

 

Et je l’ai trouvé…

 

Elle plongea alors son regard dans celui de son analyste, esquissa un sourire timide démenti par l’éclat de ses yeux et dit :

 

Bon et si on s’arrêtait là pour aujourd’hui.

 

Episode Trois.

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F
pas très sympathique ce personnage féminin : infidèle, volage, manipulatrice et jalouse... à sa place j'aurai plutôt été frustrée, qu'attendrie! (elle doit pas l'aimer autant qu'elle le prétend et sa "tendresse" me semble plutot un sentiment d'orgeuil et d'auto satisfaction...la peur de s'assumer?!.. au fait : c'est le mari ou l'amant qui lui a "ouvert" la porte? big bisousps : autant que j'en profite pour un p'tit cours psycho!
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K
Attends ne la juge pas trop vite...Bien évidemment comme dans toute relation qui se dégrade, personne n'est ou tout blanc ou tout noir...Donc elle a forcément une part de "responsabilité" dans ses malheurs...J'aime bien ton analyse psycho de mon "héroïne" :0002:Pour la "porte" bonne question, la réponse plus tard peut-être si elle ou lui aborde le sujet lors d'une séance ;-)
M
Dis donc kildar... tu m'avais dit que la suite était moins chaude... J'ai comme un doute là...  m'enfin , j'dis rien...Et pour le perso féminin, je dis pareil...pas évident de se mettre autant dans sa tête quand on est un homme. Bravo.Je ne sais pas trop ce que je peux faire avec mes personnages masculins moi... M'enfin, les hommes ça va... Tout se passe en surface.. pas besoin d'aller sonder les profondeurs... (S) lolbonne soirée kildar:0010:  
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K
Mais non soit rassurée... Ca va changer de ton après...Ce n'est pas facile effectivement de se mettre dans la "tête" d'une femme quant on est un homme... Merci.T'inquiètes pas pour tes persos masculins laisse les prendre la main et mener le bal 8-)Bonne soirée à toi et merci encore:0010:
C
Hé, c'est  ELLE qui mène le jeu maintenant, le pauvre psy, la mygale a commencé à le dévorer/piquer( qu'est-ce que ça fait une mygale)?<br /> Il a intérêt à se ressaisir "grave"......., j'ai hâte de voir s'il peut s'en sortir........ou s'il veut?????????bisous kildar
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K
Une mygale ça mord je crois ;-) Et ça dévore parfois son amant si il est pas prudent ou bien maladroit !<br /> On ne sait pas la chance qu'on a nous les hommes de ne pas être des mygales mâles 8-)<br /> Oui moi aussi j'ai hâte de savoir , comme toujours lorsque je me plonge dans l'écriture il arrive un moment où mes personnages ont leur vie propre qu'ils prennent en main sans me demander mon avis...<br /> Bises à toi aussi ;-)<br />  
C
Je viens d'imprimer..........je vais lire tranquillement, l'écran pour lire.........parlons djeune, c'est pas cool (déjà démodé peut-être!)<br /> A+ Elisabeth
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K
Oui comme je l'ai déjà dit lors de "longs" ecrits il vaut mieux les imprimer pour les lire tranquillement.<br /> Ca me fait trop kiffer de savoir que tu vas lire mon texte et après faire des commentaires, c'est trop de la boule ça !<br /> Voilà j'ai moi aussi tenté de parler jeune 8-)
.
Et bien! Tu écris très bien kildar! Moi qui aime lire, j'avous que j'ai dévoré le texte de a à z! Je ne suis pas du tout déçu! Ce qui est très étonnant, c'est ta capacité à écrire des choses féminines avec ton cerveau d'homme! lol C'est très réussi! Vraiment, j'attend la suite avec impatience! Par conrtre, petit bémol: serait il possible que pour des textes comme celui ci, tu augmentes légèrement la taille de police? Car j'ai un petit mal au yeux en forçant sur l'écran....<br /> Allez, gros bisous et encore bravo! :D
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K
Merci.<br /> Heureux que tu trouves réussi ma capacité à écrire des choses féminines avec mon cerveau d'homme ;-)<br /> Pour la suite j'espère la réussir aussi bien ;-)<br /> Un truc pour la taille de la police, si tu es sous Internet Explorer tu as dans la barre menu en haut un "onglet" affichage dans lequel tu trouveras "taille du texte" où tu peux choisir d'agrandir ou de rétrécir la taille de la poilice à l'écran, pratique non ? ;-)<br /> Ainsi ça évite que avec des textes un  peu long mon blog ait un ascenseur de 300 km de haut  pour tout lemonde ;-)<br /> Bisous et merci encore.
M
bel exercice, mais je vais me les imprimer pour bien lire, j'ai du mal à lire un truc long sur l'ordi, c'est bizarre mais c'est ainsi !!! Pas facile d'écrire au féminin quand on est un homme, non ???? J'aurais du mal à écrire au masculin moi, bravo en tous cas !<br /> Tu devrais faire lire ça à Béatrice, elle est psy (en vrai) et écrivain !<br /> bisous Kildar à l'âme qui semble si intéressante !!!<br /> lol non ne te cache pas !!!<br /> MuSe
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K
Merci.<br /> Oui moi aussi quand c'est long je préfère imprimer etlire au calme et à tête reposée.<br /> Cela étant j'oublie l'impatience de l'auteur à recevoir des "avis/commentaires".<br /> Béatrice a lu et commenté l'épisode Un, d'ailleurs elle et Ore' qui sont toutes deux dans l'environnement psy m'ont bien fait remarqué que la relation analysant/analysé devait rester à cette relation et au grand jamais déborder dans le privé ce qui est une faute professionnelle grave du psy ! <br /> Oui c pas facile car femmes et homme sne fonctionnent réellement pas pareil et je pense sincérement que l'analysée a des tournures de phrases et de pensées masculines sans que j'en ai conscience.<br /> Mais tu as raison je vais demander à Beatrice si elle veut bien lire ce second épisode et me donner son "avis".<br /> Une fois lu au calme tu pourras revenir me dire ici ce que tu penses de l'un comme de l'autre ;-)<br /> Promis je t'attendrai sans me cacher 8-)<br />  
G
<br /> Yes j'ai tout lu! J'ai rigolé pour le caleçon en soie...et les mocassins! Je sais pas pourquoi mais j'étais sûre qu'il serait en mocassins ton perso lol Drôle de mélange aussi entre B.Cartland et Dickens! J'ai particulièrement aimé le début du passage avec la métaphore filée, décrivant la soeur cadette.<br /> En tout cas bravo, tu nous tiens en haleine, et ton style me plaît toujours autant! Je me sens très concernée par l'histoire de jalousie entre soeurs...ma "petite" soeur (elle a 23 ans tout de même) et moi ne nous entendons pas très bien, on a eu le même problème...inversé lol<br /> La suiiiiiiiiite! T'as une fan, j'espère que tu sais où tu vas! :D<br /> PS : Petites fautes "nos peaux séparéEs simplement par la soie...", "sans me laisseR le temps de réagir", "sa peau matE", "pourquoi avais-je accepté d'être traitéE ainsi?", "pourquoi elle (x)avait pris rendez-vous avec lui", "avaiENt aussi vécu ce genre de situation", "qui Se faisait sauter", "je mETtais au monde", "il ne fallait pas compteR sur", "bonS et loyaux services", oublis : de la répétition de "comme si pour moi le français était...", "soyons francS je LE crois encore parfois", "et IL FAUT vivre avec ses erreurs", accord : "je me suis fait avoir" même si le locuteur est une femme!, logiquement même au pluriel ce sont "des plans cul" sans "s".
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K
Merci à toi aussi !<br /> Zêtes toutes adorables et vraiment toutes vous me donner envie d'écrire !!!<br /> Merci aussi pour les corrections, j'avoue que dans l'urgence je l'ai relu en diaonale et sans passer le correcteur wordeske ;-)<br /> Donc je copie la partie corrective et j'ouvre mon fichier pour modifs ;-)<br /> J'avoue la réf. à Barbara c'est un clin d'oeil pour toi ;-)<br /> Merci again.<br /> P.S. : Non je ne sais pas où je vais c'est grave ? <br />  
O
Kikoo, et ben c'est encore mieux que le premier épisode....quel suspence on veut tous savoir ce qui s'est passé!J'aime beaucoup  celui-là car il fait avancer l'intrigue...on veut savpir sur quel pervers elle est tombée!!en tout ca j'ai remarqué une faute de frappe mais je laisse Gaët' se charger de te le dire!Gros bibi
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K
Merci merci merci !<br /> Plaisir de lire vos coms, et ça donne envie de vous écrire la suite et je vous promets que je ne sais pas où va arriver cette histoire et ce à chaque épisode que je commence.<br /> En revanche j'ai quand même une vague idée du personnage "amant", mais très vague et comme je l'écrivais je suis une éponge avec les éléments ( gens, livres, sentiments) que je croise so...8-)<br /> Merci encore de me donner envie de continuer !
M
Ah y est ! Lu !!! Je veux avoir la suite !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! lol !!!! Qu'est-ce qui a bien pu arriver exactement... ?
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K
SI je le savais.... je te le dirais ou plutôt je l'aurais déjà écrit ;-)<br /> Merci de me donner envie de te l'offrir 8-)
B
Waouh !! C'est fort dis donc Kildar !! Hum.... pauvre psychiatre, va-t-il souffrir face à cette femme qu'il désire déjà ?Vivement la suite :-)Bises et bonne journée,Bool
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K
Merci !<br /> Je ne sais pas encore si il va souffrir je t'assure, en revanche je pense qu'il se sait attiré par elle mais il n'est pas prêt à franchir le pas d'amener cette attirance au niveau conscient, là il va se repositionner à sa place de thérapeute ;-)<br /> Non je n'ai pas dit cela pour faire plaisr à mes lecteurs(trices) psy 8-)