Mes écrits, mes "dessins", mes coups de coeur, mes humeurs,... Bref ce qui transparait de moi à travers mes "créations"

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Mary Barnes...

Mary Barnes – Un Voyage à travers la Folie.

Ce roman lu en 1979 m’a inspiré en septembre de la même année le poème suivant…. Une semaine après j’entamais mon « analyse ».

 

Je te connais trop bien,
Tu es en moi depuis si longtemps,
Qu’il me semble impossible
De ne pas t’avoir découverte plus tôt.
Tu es l’angoisse qui m’habite,
Qui me dirige et me concrétise.
Je suis toi Mary Barnes !
Je suis le monstre colérique,
Le bébé lymphatique,
L’adulte schizophrénique,
L’angoisse maléfique.
Je n’existe qu’à travers « ça ».
Je m’appelle Mary Barnes,
Ou Alain l’Angoissé,
Et aussi Alain le Clown.
Mais tous ces masques
Ne font qu’un : Moi.
Et toi le Caractériel,
T’appelles-tu Peter ?
Ou bien Gilles ?
Tu es mon frère.
Tu es la projection
De ma maladie mentale.
Tu es la partie malade de notre famille,
Puisqu’il en faut bien une,
Pour rassurer cette famille « typique » !
J’irai jusqu’au plus profond
De Moi et des problèmes,
Ce sera l’unique solution
Pour arriver à la résolution.
Je me découvrirai complètement
Pour me reconstruire correctement,
A jamais et pour toujours.

 

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A
Ah mais non! Il ne faut pas tout mélanger. Oui, je suis tout à fait d'accord que son témoignage est extrêmement intéressant (sinon je n'aurais pas travaillé dessus ), d'autant plus que sa névrose est d'une intensité tout à fait inhabituelle. Cependant, j'insiste : Mary Barnes ne souffrait pas plus de schizoïdie que de schizophrénie, car elle était névrosée, et non pas psychotique. Elle souffrait d'une forme grave d'hystérie, assez proche, sans doute, des grandes hystériques du moyen-âge qu'étaient  les mystiques comme Catherine de Sienne et Marie d'Oignie, par exemple. J'ai beaucoup travaillé sur la bonne femme, dans le cadre de mes études (psychanalyse), et je pense que seuls Laing et ses confrères, étant donné la définition très particulière de la psychose qu'ils avaient - héritée entre autres de l'école américaine de Palo-Alto (théories systémiques pauvres et stériles) et de la très bizarre Marguerite Sechehaye (psychologue suisse), ainsi que des élucubrations les plus controversées de Carl Gustav Jung (qui a l'honneur du public, certes, mais qui s'est quand même largement fourvoyé, notamment en ce qui concerne la question de l'inconscient collectif (comme si l'humanité était une fourmillière dont tous les membres n'avaient qu'un cerveau commun ) et la "métanoïa" (régression thérapeutique, mdr), reprise par Laing) - seuls les antipsychiatres, donc, pouvaient s'y tromper.En effet, ils tenaient la psychose à la fois pour un développement normal de "l'individu" (terme très américain) s'il n'était pas brimé par la socété", et en même temps - ce qui est entièrement contradictoire - pour une réponse pathologique à une double-contrainte (exemple: "sois libre", où la liberté ne colle pas avec l'injonction). Ils prônaient une régression de cet "individu" jusqu'à l'état foetal, ce qui était censé le reconstruire sur des bases saines - ce qui a d'ailleurs rajouté de la gravité aux symptômes de Mary Barnes.Mais la "schizophrénie" de Mary Barnes est bien une hystérie, c'est-à-dire une névrose, et ceci en raison par exemple de ce fait majeur, c'est que la façon dont elle est "schizophrène correspond plus à l'idée qu'elle s'en fait, de façon tout à fait inconsciente, soi dit en passant, qu'aux traits pathologiques qui définissent la schizophrénie en tant qu'entité nosologique. Or, selon la définition de S. Freud - dont la description de l'hystérie est très proche de celle du système nosographique psychiatrique français, au demeurant - ce dont souffre l'hystérique, c'est de semblant - ce qui ne l'empêche pas de souffrir très profondément.On ne peut donc pas cliniquement taxer Mary Barnes de schizophrénie, pas plus que de schizoïdie - car tout cela n'a rien à voir avec la névrose, structure psychique dans laquelle entre l'hystérie. De plus, le terme de "schizoïdie" est un terme qui s'emploie exclusivement en psychiatrie, et qui définit non pas un trouble psychique, mais une personnalité, sur la base d'une structure psychotique. Un sujet ayant une personnalité schizoïde ne souffre pas nécessairement de troubles psychiques - en fait, ce concept de personnalité est là pour expliquer comment tel trouble psychique peut apparaître chez tel sujet, et pas chez tel autre, etc. Il n'est pas utilisé en psychanalyse, où l'histoire singulière du sujet suffit à le définir dans telle ou telle autre structure psychique, ainsi que tel ou tel autre trouble.Voilà. Mary Barnes n'est toujours pas schizophrène, et sachez que l'antipsychiatrie de Laing est une discipline anglo-saxonne, c'est-à-dire qu'elle fait la risée du monde scientifique et universitaire européen. C'est une théorie d'une pauvreté à pleurer - je me suis moi-même endormie en lisant les livres de Laing - d'autant plus que nous avons, sur le continent, de très grands théoriciens de la psychiatrie (Kraeppelin, Clérambault, Kretschmer, Magnan, Henri Ey, etc., et j'en oublie des pllus importants, croyez-moi) comme de la psychanalyse (Sigmund Freud, Melanie Klein (attention ce n'est pas le même courant, toutefois), Lacan...).Bon, j'arrête là, car je ne voudrais pas charger votre blog. Je souligne juste l'important: Mary Barnes n'était pas schizophrène, et sûrement pas schizoïde, mais névrosée et hystérique. Si vous lui cherchez une personnalité au sens psychiatrique (c'est ce qu'est la schizoïdie), eh bien j'avoue que je ne sais pas trop, n'ayant pas fait d'études en psychiatrie, mais en psycho - ce n'est pas les mêmes concepts, et donc les grilles nosologiques diffèrent, même si ce n'est pas tant que cela, la psychanalyse étant héritière de la psychiatrie traditionnelle franco-allemande, en grande partie. Il faudrait voir sur les cours de psychaitrie des universités, il y en a plein qui sont téléchargeables gratuitement. Là, par exemple: http://www.psy-desir.com/biblio/spip.php?rubrique12Bon, mais vous risquez peut-être de vous y perdre... Ah! Et ne vous inquiétez pas, si vous découvrez que vous souffrez d'à peu près de tous les troubles psychiques, c'est que vous êtes parfaitement normal. C'est comme de consulter le Vidal, ça joue des tours, parfois.Pour finir, la confusion sur Mary Barnes vient en grande partie du fait que tout le monde sur Internet relaie, sans vérifier, la 4e de couverture de son autobiographie des éditions du Seuil, et accorde crédit aux théories entièrement dépassées des antipsychiatres, sous prétexte, vraissemblablement, que leur titre de docteurs en psychiatrie leur donne l'argument de l'autorité. Mais méfiance! Les anglo-saxons, qu'ils soient d'Amérique ou d'Angleterre, sont en règle générale d'une pauvreté conceptuelle hallucinante.Voilà! Et excusez-moi encore pour ce verbiage intempestif, mais c'est que le sujet de Mary Barnes me tient à coeur (tant d'années passées dessus!), et bonne continuation à vous.
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K
<br /> J'adore ton "enthousiasme"...<br /> J'adore lire de tels com' sur un poème de rien du tout écrit il y a si longtemps après la lecture d'un livre qui m'avait "chaviré" à l'époque..<br /> Je crois que ce que j'ai reconnu en "elle" c'est ce qu'il y avait en moi.. Jusque là rien d'anormal 8-)<br /> En revanche à mes petits zieux de néophyte qui n'a fait aucune étude de psy-qqchose, que la schizophrénie est bien une psychose alors que la schizoïdie est la névrose pouvant mener à la<br /> schizophrénie...<br /> Quoi qu'il en soit la seule "expérience/connaissance" que j'ai c'est simplment mon analyse..<br /> <br /> Merci encore à toi de nous éclairer et d'y mettre autant de "coeur"...<br /> <br /> <br />
A
Bah, c'est pas de chance! Elle était hystérique, Mary Barnes, en fait, et la régression qu'elle a connue était une expérimentation antipsychiatrique pour voir si ça marchait. Elle a publié son livre avec Berke, son thérapeute, exprès pour se faire connaître, ce qui est écrit par les auteurs dans la préface du livre! Ca a fait un sacré foin médiatique, à l'époque: émissions de radio, interviews, conférences, expositions, pièce de théâtre, et son bouquin traduit en 17 langues... Ca fait un peu beaucoup, non?En fait, le problème de Mary Barnes, c'est qu'elle n'a jamais pardonné à sa mère d'avoir fait d'autres enfants qu'elle, et d'autre part, elle ne s'est jamais pardonnée d'avoir envoyé son frère à l'hôpital psychiatrique, frère qui, par contre, était réellement schizophrène.Tout ça pour dire qu'entre névrose et psychose, il faut se garder des apparences, souvent, elles ne sont pas ce qu'elles paraissent. Et que, de plus, avec les troubles psychiques, il faut se méfier d'un certain effet Vidal - du nom du célèbre dictionnaire des maladies, et ne pas prendre une bronchite pour une tuberculose.Bonne continuation!
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K
<br /> Merci de ces précisions sur Mary Barnes mais qui avouons le n'enlève rien à ce que m'a inspiré la lecture de ce roman.<br /> <br /> En plus nous sommes tous plus ou moins psychotruc et il a fallu des "êtres" comme cela pour sortit les problème spsychiques du ghetto où "on" les avait plongés.<br /> <br /> Comme écrivait Henry Miller :<br /> <br /> Le mot folie a été créé pour rassurer les gens qui se croient normaux.<br /> <br /> P.S. : Je suis d'accord avec toi il ne faut pas ocnfondre "schizoïdie" et "schizophrénie".<br /> <br /> <br />
M
une analyse n'est pas réservée aux 40-50 ans, mais il faut être très mûr ou adulte pour décider de le faire avant 25 ans....bisoux et bonne semaine....
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K
Alors disons que sans être très mûr ou adulte j'étais dans un environnement propice ;-)Et puis j'allais avoir 24 ans c'est pas si loin de 25 :0002:P.S : J'ai qq part dans mes archives un texte écrit 4 ans plus tôt qui se nomme : Critique de la Psychanalyse. Etrange non ?
D
en tout cas, comme tu as bien fait de lire ce livre !les histoires de psy, ça me plait...ça va mieux depuis ?il faut du courage pour se décider et chercher à vivre autrement !à bientôt !
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K
Oui je trouve aussi ;-)Oui je vais bien si tant est que ça allait mal 8-)Du courage, du courage... Heu non ça c'est une chanson :0002:Plutôt une envie de se connaitre, de se découvrir et effectivement de vivre différement, plus "honnêtement" vis à vis de soi.A très bientôt j'espère ;-)
B
Percutant ce poème Mister R. !Très beau mais il est vrai qu'on ressent un profond malaise à sa lecture, et qu'il aurait pu aisément être écrit par un homme sorti tout droit d'un bon thriller bien glauque ;-)Gros bisous !SA85B
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K
Merci Miss M.Pour encore quelques mois :0002:J'adoire les thriller bien glauques... Suis touché par ton com' !Bisous gros too.
M
tu étais jeune pour entamer une analyse.....même si je sais qu'il n'y a pas d'âge précis.....ton poème est très beau....l'univers de la psychanalyse et de la psychiatrie est fascinant.....interessant de lire les "gens" .....bon week-end...bises... 
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K
J'étais jeune ?? Tout est relatif... La thérapie n'est pas réservée au plus de 40/50 ans ;-)Bises
C
Après ça, on ne s'étonne plus que tu aimes écrire des histoires avec des psy. On sent particulièrement bien le malaise.Ouf, depuis le temps que je voulais le mettre ce com... ;-)
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K
Merci merci.J'aime écrire des histoires avec des psy.. Restons modeste.. Il n'y a que "Noire comme ton âme" où il ya un psy comme protagoniste :0002:Oui je sais...la suite ;-)
C
superbe et criant de vérité ... preuve qu'IL est structuré comme une langage...<br /> clairdelune
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K
Merci...<br /> C'est un texte qui est "sorti" comme ça juste après la lecture de ce bouquin qui est réellement très fort.<br /> Merci encore.