Je dédie ce poème à Osmanthe pour la remercier de la superbe bannière créée spécialement pour moi et qu'elle m'a si génereusement offerte.
Vous ai-je parlé de celle qui a adouci nos pleurs ?
Celle qui d’un mot, d’un regard, d’un dessin,
Fit fuir la tristesse qui noircissait nos cœurs,
Celle qui aux malheureux offrit toujours sa main.
Je revois ce matin d’hiver où elle vint chez nous,
Il faisait froid il faisait nuit, la pluie nous habillait de gris,
Elle avançait à fière allure le regard pointé sur nous,
Seul son sourire et l’éclat de ses yeux se voyaient dans la nuit.
Mais ils nous rassuraient, nous empêchant de fuir,
Ils étaient plus qu’un message, et plus fort qu’un cri,
Ils étaient cette voix qui murmure dans un ultime soupir :
Approchez-vous n’ayez pas peur, je suis votre amie.
Nous l’avons attendue sans bouger, serrés les uns contre les autres,
Elle marchait tête droite, son manteau en corolle flottait dans le vent,
Sans accélérer le pas elle arriva vers nous et devint l’une des nôtres,
Elle se mêla à nous, s’intégra doucement et rejoint les enfants.
L’un après l’autre elle les prit dans ses bras et les examina,
Puis ce fut au tour des femmes d’être ainsi auscultées,
En dernier vint les hommes, aucun n’y échappa,
Alors elle retourna à la voiture stationnée à côté.
Du coffre elle sortit des paquets, des sacs et de nombreux colis,
Elle nous les apporta avec son chauffeur qui peinait sous l’effort,
Puis elle les distribua : vêtements pour celle-ci, médicaments pour lui,
De la nourriture en abondance, nous prîmes tout sans remords.
Une fois qu’elle eut vérifié que chacun avait reçu son dû,
Elle s’éloigna un peu et se tourna vers nous une dernière fois,
Elle semblait indécise voire même un peu perdue,
Alors j’ai osé, m’approchant d’elle lui ai tendu les doigts.
Elle prit ma main dans la sienne et de l’autre a caressé ma joue,
Elle avait la peau douce et chaude, je tremblais de bonheur.
J’avais l’impression de vivre enfin mon rêve le plus fou,
Elle se pencha vers moi, m’embrassa et fit battre mon cœur.
Bien sûr elle est repartie me laissant pantelant et joyeux,
Mais je savais qu’elle reviendrait nous retrouver là où nous étions,
Elle continuerait à nous apporter de quoi nous rendre heureux,
Qu’elle nous ferait du bien et nous donnerait son affection.
Pendant plus de dix ans elle est venue chaque hiver voir mes frères,
Leur apporter matin après matin soins, nourriture et chaleur,
Grâce à elle j’ai grandi, je suis devenu un homme et aussi un père,
Et jamais je n’oublierai la femme dont l’âme avait la douceur des fleurs.