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N° 00040288

1 mars 2017 3 01 /03 /mars /2017 15:55

Il avait l’impression que c’était hier qu’elle avait franchi la porte de son cabinet.

"Oui le temps est une denrée rare" de dit-il "de nos jours on se laisse facilement submerger/entrainer par les vagues de l’océan Chronos."
Il avait entendu la sonnette et savait qu’elle était déjà arrivée.

Malgré qu’il n’y eut pas de patient en « séance », il attendit quelques minutes, le temps de se reprendre avant d’aller la chercher dans la salle d’attente.
Il était conscient de toute l’ambiguïté qu’il y avait dans l’intérêt qu’il lui portait et l’attirance qu’il éprouvait. Il devait impérativement examiner ça avec tout le recul nécessaire. Sinon, alors que la phase de transfert n’avait pas commencé, le contre-transfert était voué à l’échec.

 

Il respira profondément et quitta son fauteuil pour aller la chercher.

Pour la première fois depuis qu’elle avait commencé son analyse avec lui, il n’avait aucune idée de comment la séance allait se dérouler.

Et à tout bien réfléchir ce n’était pas pour lui déplaire. Le sourire aux lèvres il ouvrit la porte de la salle d’attente pour l’accueillir.


Elle avait oté son manteau qu'elle avait négligemment posé sur le siège à coté  du sien, vêtue d'une robe rouge épousant ses formes au plus près et les mettant en valeur, elle feuilletait un magazine sans avoir vraiment l'air de s'y intéresser.

Redressant lentement la tête elle lui adressa un grand sourire et se leva.

Le saluant de sa voix chaude et légèrement rauque elle lui tendit la main : « Bonjour Docteur ».

Il s’effaça pour la laisser entrer.

Il ne put empêcher son regard de se poser sur ses fesses, tout en ayant la sensation qu’elle accentuait volontairement le balancement de ses hanches en lui passant devant.

Le temps qu’il referme la porte et s’assied dans son fauteuil elle était installée sur le divan.

 

« Alors avez-vous réfléchi comme nous en avions parlé lors de la dernière séance, à la façon de continuer notre travail en commun ? Quel « fil » allez vous dérouler pour commencer la séance d’aujourd’hui ? »

 

Elle tourna légèrement la tête pour capter son regard et lui répondit : « Oui; Allons y Alonzo ! ».

 

« J’ai pensé et repensé à votre proposition tous les jours jusqu’à ce matin encore, et même jusqu’à ce que vous soyez venu me chercher dans la salle d’attente il y a deux minutes.

J’ai longuement hésité avant de me décider - non pas à continuer mon analyse avec vous pour ça la question ne se pose pas – soit je commence la séance sur « ma véritable première fois » soit je la mets de côté pour le moment.

 

A propos je considère qu’être allongée sur le sofa maintenant et que vous me demandiez quelle piste nous allons  suivre est l’acceptation tacite de part et d’autre de l’orientation donnée à mon travail avec vous.

 

Elle attendit quelques secondes lui laissant ainsi le temps de répondre.

Comme il restait silencieux elle reprit la parole.

 

Donc, ma première fois.

Comme vous l’aviez pressenti celle que je vous avais racontée n’était pas la mienne – loin s’en faut – mais celle de ma sœur.

C’est elle qui avait « dépucelé » Marc tout en se dépucelant elle-même. Cela étant, vu sa collection de sextoys la perte de sa virginité avait été plus symbolique qu’autre chose. Je pense qu’elle n’a pas attendu plus de 24 heures avant de trouver un autre amant plus expérimenté pour lui faire oublier le « premier ».
Bref je ne suis pas ici pour parler de sa sexualité… »

 

Elle resta silencieuse, perdue dans ses pensées semblait-il, et le Psy attendit patiemment tout en contemplant les longues jambes de sa patiente.

Elle s’éclaircit la voix et reprit là où elle s’était interrompue.

 

« … en tout cas pas maintenant, je crois qu’il faudra que j’y revienne plus tard.

Ma première fois a bien eu lieu au début du printemps, je suis bien allé Place Bellecour avec Marie et Carole, en revanche Marc n’était pas le « troisième homme »,  c’était un dénommé Pierre qui le remplaçait et il était tout sauf timide. C’est lui qui m’a pris la main en disant : « Tu étais célibataire mais tu ne l’est plus. »

C’est ma main qui tremblait sous la sienne, c’est lui qui s’est penché pour m’embrasser, c’est lui qui s’est levé après quatre ou cinq baisers, c’est lui qui m’a prise par la main et emmené chez lui.

Il habitait dans un charmant petit studio dont la quasi totalité de l’espace était occupée par un immense lit.

Pierre m’entraina doucement mais surement sur celui-ci et nous échangeâmes de tendres et langoureux baisers, sa langue était agile mais pas hyperactive, il avait compris que ce n’était pas un concours de vitesse ou à qui ferait les plus grands tourniquets ou le plus puissant marteau piqueur avec sa langue.

Je sentais une certaine harmonie  faite de douceur et de tendresse s’installer. Je me sentais bien, progressivement une suave langueur s’emparait de moi et de chaudes vagues ondulaient dans mon ventre.

Ses mains déboutonnèrent habilement mon chemisier et ne cherchant pas longtemps le soutien-gorge que j’avais « oublié » de mettre, elles s’intéressèrent alors  à mes seins. Ses doigts commencèrent à jouer avec mes mamelons qui pointaient fermement avant que ses lèvres  ne viennent remplacer ses mains pour les titiller délicieusement.

Je dois avouer que j’étais plutôt passive mais je me sentais comme une chatte qui ronronne sous les caresses, c’était bien agréable je le reconnais.
Tout se passait pour le mieux, j’allais perdre ma « virginité » et Pierre avait l’air d’en connaitre un rayon sur le sujet. Je n’avais pas envie de jeter ma culotte par-dessus les moulins – comme disait ma grand-mère – mais je n’en étais pas loin.

Ma respiration s’était accélérée et la sienne commençait à rejoindre la mienne, nous étions en phase, il allait – je le sentais à son souffle – passer à la vitesse supérieure.

Je ne m’étais pas trompée, il dégrafa ma jupe puis saisissant mon tanga il le fit glisser avec celle-ci le long de mes jambes.

Sans prononcer un mot il prit alors mes mains et les posa sur la ceinture de son pantalon pour que je le dénude à mon tour.

Je frissonnais légèrement sans savoir si c’était le plaisir que me donnait ses caresses ou le « stress » de la première fois qui provoquait ces tremblements.

Je vins rapidement à bout de la ceinture et commençais à déboutonner son jean qu’il m’aida à  retirer.

Et c’est à se moment là, lorsque mes mains se posèrent sur son caleçon pour l’enlever,  qu’elles touchèrent son sexe à travers le tissu : je me retrouvais tétanisée.
Il me semblait énorme, bien trop gros pour entrer en moi, je restais pétrifiée, je savais que ce n’était pas vrai mais impossible de me raisonner, je n’avais qu’une envie me rhabiller et partir vite et loin.

Alors mes jambes se refermèrent instantanément, je le repoussais en murmurant « non » puis, comme il ne semblait pas m’entendre, je  répétais de plus en plus fort et finis par crier : « NON ! »

Pierre me regarda surpris puis il essaya de me rassurer, il venait de comprendre que c’était ma « première fois ». Il se fit doux dans ses paroles tout en tentant néanmoins de glisser une main entre mes cuisses pour atteindre mon sexe pendant que l’autre s’occupait de mes seins.

Je le repoussais plus fermement :

 

« Non arrête s’il te plait. Laisse moi, je veux rentrer chez moi. Arrête je te dis. J’ai plus envie ! Arrête !!! »

 

Complètement paniquée j’étais à deux doigts de hurler et lorsqu’il me dit que mon corps en avait envie tout en continuant de tripoter mes seins, ce fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase, je me mis à crier à la limite de la crise d’hystérie, je n’avais pas d’autre choix, sinon je sentais que mon esprit allait déconnecter et ainsi le laisser à arriver à ses fins. Je mis tout ce qu’il me restait d’énergie et de volonté pour ne pas baisser les bras et gueuler – il n’y a pas d’autre mot -  plus fort encore.

Il dut en avoir conscience et se dire que c’était plus la peine d’insister, alors il me laissa me rhabiller et en fit autant de son côté.

Je tournais la tête pour ne pas croiser son regard et quittais son studio sans que ni lui ni moi ne prononça une quelconque parole.

Je tremblais de la tête aux pieds sur le chemin pour rentrer chez moi. J’étais hagarde, incapable de penser, je ne comprenais pas plus ma réaction que la sienne.
S'il n’avait pas tenté de me forcer on aurait je pense réussi à parler et qui sait à repartir à zéro et y arriver.

Là c’était trop tard je ne savais même pas si j’allais parvenir à cacher mon trouble à mes parents.

Je décidais d’aller m’assoir sur un banc du parc de la Tête d’or et essayer autant que faire se peut de récupérer mes esprits. »

 

Elle semblait réellement être partie s’assoir sur ce banc, alors il la laissa se reprendre un peu avant de clore la séance.

 

« Bon je propose qu’on s’arrête là et que l’on se retrouve jeudi prochain pour continuer de dérouler la bobine « première fois » si cela vous convient.

Je dois vous le dire, ce que vous avez raconté cadre bien avec la femme qui vient ici depuis de longues semaines.

Je pense sincèrement que nous allons pouvoir réaliser ensemble un travail fructueux. »

 

Elle se leva et enfila son manteau avant de sortir un billet de 50 euros qu’elle posa sur le bureau. Elle le regarda droit dans les yeux avant de murmurer : « Je le crois aussi Docteur. A jeudi. »

Elle quitta le cabinet d’un pas décidé, énergique, sans se retourner comme cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps.

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Published by Kildar - dans Ecrits
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